5è jour sur 5 de mon défi : “Créa avec de jeunes adultes – 1 résumé par jour”

Les répétitions battent leur plein, ce 5è jour

DPlanetNatacha, une animatrice du trio, organise la mise en scène des passages les plus aboutis au niveau de l’écriture (presque tout le spectacle, à ce stade – youpie!).

Sarah, l’autre animatrice, chapeaute les répétitions et répartit les dernières tâches parmi les étudiants présents. Encore quelques dialogues à améliorer, quelques éléments à placer ici et là dans le show pour que le public comprenne bien.

Moi, je prends en charge la musique. Comment ça se passe ? Voici la marche que nous avons suivie, dont vous pouvez vous inspirer pour vos propres créations.

  1. Un étudiant prépare une fiche des musiciens de l’équipe avec des infos intéressantes
    1. Qui a préparé quel morceau, donc qui est le plus susceptible de le jouer, à priori ?
    2. Quels instruments, en plus des pré-cités, renforceront l’idée musicale pour tels et tels morceaux. (Faut-il une batterie ? Une boîte à rythme?)
    3. Qui chante sur scène, dans les non-instrumentistes
  2. A partir de cette fiche, je complète :
    1. Dans quelle scène faut-il que le chanteur soit musicien également (chanteur diégétique, qui fait partie de l’histoire : l’exemple de notre spectacle : Elvis Presley joue de la guitare)
    2. Qui, dans le cast, est capable de chanter en jouant
    3. Simplement: qui est sur scène (en dehors des chanteurs et musiciens) à chaque moment du show : cette info primordiale permettra de…
      1. vérifier que chacun bénéficie d’au moins un ou deux passages (beh oui, ça reste un spectacle d’école, on ne peut pas se permettre de mettre un personnage sur scène pendant 30 secondes, comme cela arrive parfois dans les spectacles professionnels. Je consacrerai un article à ce sujet délicat 😉
      2. voir si on n’a pas d’erreur de doublon (un personnage parlé et un autre personnage chanté joué par la même personne en même temps)
      3. faciliter la future conduite du régisseur, pour les micros
      4. voir où il est possible de mettre des chœurs, avec les étudiants capables de chanter en harmonie
      5. comprendre, en un coup d’oeil, quand arrivera la musique dans le show; décider avec eux des moments où les musiques “de fond” accompagneront les textes; leur dire que ces passages instrumentaux seraient idéalement construits sur les mêmes grilles que les morceaux existants.

Comme de fait, notre liste a révélé une petite erreur. Nous avons interverti deux personnes pour des rôles secondaires.

Richard-PJ-Lambert

Il est venu le moment de ressortir la liste faite le premier jour “qui joue de quoi, qui possède quels instruments, qui lit la musique, les notes ou les tablatures ou les accords…”

Puisque nous avons affaire à de jeunes adultes, il suffit de remettre cette liste à disposition des gens qui vont s’occuper des arrangements. Dans un monde parfait, si vous êtes animateur musicien, c’est vous qui vous occupez des arrangements. Dans un monde PLUS-QUE-PARFAIT, vous apprenez aux étudiants à faire des arrangements cohérents.
Nous n’avons tout bonnement pas le temps.

Je les invite à se voir entre eux pour créer l’orchestration des morceaux. La grand majorité des étudiants ne lisant pas la musique, ils le feront sous forme d’impros, de grilles d’accord et peut-être de notes écrites en toutes lettres. A eux de décider.

3.        Quelques minutes avec l’animatrice en charge des textes et nous finissons la “chanson-action”, celle où Aretha Franklin joue la narratrice de l’histoire. Comme je l’ai expliqué dans les jours précédents, nous avons tenté dès le départ de sortir du canevas très français des comédies musicales où l’on trouve “du texte, une chanson qui répète quasiment le texte, du texte, etc.”

Le petit “hic” c’est que la construction d’une chanson où les dialogues s’alternent constamment avec les mélodies est plus longue…et son interprétation plus ardue, surtout avec des musiciens non-lecteurs de partitions.

L’idée d’avoir des reprises de chants connus (ici “I say a little prayer for you”) dans le spectacle n’était pas l’intention de départ. Mais la justification d’en avoir une ou deux est parfaite dans l’histoire que les étudiants ont créée. C’est donc avec joie que mes collaboratrices et moi nous servons d’un air que les jeunes connaissent pour faciliter leur travail de répétition et offrir une vraie “scène chantée et parlée” au public.

4.        L’heure passe et il est grand temps d’écouter les derniers morceaux. First things first, on s’occupe d’abord de ceux qu’on n’a pas entendu du tout de la semaine : urgence!

Je m’occupe donc d’aider un petit groupe d’étudiants à structurer un chant. Malheureusement pour eux, comme c’est le dernier jour et que nous sommes pressés, je n’ai pas l’occasion d’aller en profondeur dans mes explications. J’essaie néanmoins qu’ils comprennent chaque changement que je veux leur faire apporter. Le premier de tous : instaurer un tempo clair. Ensuite, nous installons une ou deux couleurs supplémentaires pour éviter les répétitions d’accords et de mélodies. Le chant “La Mort Chez le Psy” prend vie…

Deux autres chansons attendaient des améliorations mais nous n’avons pas le temps de les écouter. Le spectacle est néanmoins quasi terminé et nous félicitons le groupe pour leur grande implication pendant cette semaine de création. Grâce à la confiance qu’ils nous ont accordée, nous avons mené le bateau à bon port. Bon… on ne fait qu’apercevoir le port, pour le moment, mais il est là 😉Very Quiet

Je rentre chez moi et propose deux nouvelles dates pour la suite de la procédure :
– une date de “finition des chants”, pour les deux chansons qui méritent encore un peu de balayage
– une date de “répétition”, où l’on saura si les choix des étudiants en termes d’orchestration auront été adéquats.

En ce qui nous concerne, voilà ! Fini mon défi de 1 résumé par jour !
J’ai réduit un peu mes heures de sommeil mais je suis content si j’ai pu aider quelques-uns d’entre vous à y voir plus clair dans l’organisation de ce genre d’événements créatifs.

A bientôt pour de nouveaux articles, ou de nouveaux défis !

Sébastien

Crédits photos :
1 : Dplanet
2 : Richard P J Lambert
3 : Very Quiet