Comment créer une chorégraphie sans être chorégraphe (1)

Dans cette première partie, je vous donne une façon d’aborder différents types de danses sur scène. Dans la suite de l’article, on passera à la pratique par rapport à ce que vous aurez lu ici 😉

 

 

Vous êtes professeur de musique ou de théâtre, instituteur ou responsable du spectacle annuel de l’association des X.Y.Z. rigolos ; bref vous n’êtes absolument pas danseur mais vous voudriez que votre groupe se meuve sur scène. Pas de panique, des solutions existent.

 

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Il s’agit, pour commencer, de définir correctement le mot « chorégraphie ». Si votre classe ou votre troupe n’est pas constituée de danseurs, c’est certain que ce ne sera pas du Béjart. La bonne nouvelle, c’est que personne ne vous le demande. Personne ne s’y attend, même. Vous allez donc surprendre le public qui vient vous voir en proposant des mouvements dansés.

 

Pour ce qui nous concerne, je distingue plusieurs types de chorégraphies avec des troupes de non-danseurs.

 

1. Les danses

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« Wouh ! Méga fort ! Je n’y aurais jamais pensé »

Pas de panique, ne partez pas.

Ceci fait simplement figure de rappel : dans votre troupe de non-danseurs, il y a peut-être, sans que vous le sachiez, … des danseurs !

Commencez donc tout type de travail du mouvement par un inventaire de vos forces. Vous pourriez être surpris par les talents cachés de vos élèves ou même de vos collègues avec qui vous partagez la création du spectacle.

Les danseurs (professeurs, élèves, comédiens, etc.) se feront un plaisir de vous aider à y voir plus clair. Soit ils seront justement les danseurs sur scène (hip-hop, jazz, break-dance, danse de salon ; selon leur spécialité), soit ils endosseront eux-mêmes le rôle du chorégraphe. Dès lors, votre investigation s’arrête là. Vous devenez superviseur et vous vous assurez que les choix artistiques du chorégraphe correspondent à votre vision du show et au niveau du reste des participants.

 

2. Les « presque-danses »

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Les « presque-danses », comme le nom l’indique, tendent à ressembler à de vraies chorés. Il s’agit le plus souvent de danses de groupe où, par exemple, tous les garçons du gang des Jet (si vous montez West Side Story) croisent les jambes, courent, sautent, avancent et reculent… Bref, ils « presque-dansent » puisqu’il ne leur est pas nécessairement demandé d’être très souples, très gracieux, très à l’aise avec leur corps. Un petit peu fera l’affaire. Votre troupe est ce qu’elle est. Tant que vous ne tombez pas dans le ridicule, tout va bien. Sachez déterminer à quel moment la presque-danse est susceptible de décrédibiliser votre show.

Voyez donc la « presque-danse » comme la danse des non-danseurs.
C’est un peu ce que vous faites quand vous dansez la Macarena. (Ah bon, vous ne le faites plus ?)

 

3. Les mouvements mis en musique

 

C’est la catégorie la plus susceptible d’être exploitée par des spectacles amateurs regroupant plusieurs disciplines. De fait, elle est plus facile à mettre en place avec tout type d’interprètes puisqu’il ne s’agit pas, à proprement parler, de « danse ». Il est possible, en faisant ce choix, d’éviter les soucis qu’ont certains avec gauche-droite / synchro mains-pieds / recherche d’élégance / etc.

 

Deux sous-catégories : mouvements en rythme et mouvements « libres »

 

  • 1. En rythme

 

Imaginons.

Le personnage central est une femme de ménage qui passe le plumeau pour nettoyer l’immense demeure de sa patronne… Elle balaie de gauche à droite, en rythme… Ses mouvements s’agrandissent un peu, beaucoup, énormément. Avant que le public ne s’en rende compte, elle a commencé une choré. Si elle sait chanter, la scène va naturellement évoluer vers le début de sa chanson.

 

Les exemples les plus connus sont tirés des comédies musicales et des dessins animés. Voyez l’importance chorégraphique des actions de tous les jours.

 

  • Dans The Producers de Mel Brooks, les comptables de la morne entreprise où travaille Léo Bloom (délicieusement interprété par Matthew Broderick) font leurs calculs en rythme. Peu importe la petitesse du mouvement, l’effet de nombre suffit à rendre la scène efficace.

 

 

  • Dans The Little Mermaid (La Petite Sirène) à Broadway, le chef cuistot prépare les poissons sans danser. Tous ses gestes sont néanmoins rythmés. Voyez par vous-mêmes !

 

  • Dans Sweeney Todd de Sondheim, Angela Lansbury joue parfaitement Mrs. Lovett, une tenancière d’auberge qui vend les pires tourtes de Londres (The Worst Pies in London). Un jeu rempli de précision qui, tiens tiens, se passe à nouveau en cuisine !

 

  • Dans Oliver Twist (Lionel Bart), les enfants apparaissent sur scène à la première scène du musical de la même façon que dans le film de 68. Tous leurs gestes sont rythmés, bien qu’ils expriment l’exaspération et le dégoût.

 

L’exemple particulier du dessin animé.

Les exemples tirés de dessins animés pourraient être « Cruella d’enfer » des 101 Dalmatiens ; « Belle » dans La Belle et la Bête ; « Prince Ali » de Aladdin. Néanmoins, les dessins animés sont par nature « plus libres ». Ils utilisent les mouvements en rythme, c’est vrai, mais ils les combinent très souvent avec les danses (quasi tout le monde est danseur dans un Disney), et les presque-danses (de rares personnages ne dansent pas, comme le typique « compagnon rigolo du héros »). Enfin, les dessins animés utilisent aussi la technique du Mickeymousing où, à l’inverse de ce qu’on vient de voir, c’est le compositeur qui a adapté son rythme musical à celui des gestes du cartoon. Cette technique ne sera efficace sur scène que si vous avez des musiciens live.

  • 2. Mouvements « libres »

 

Libres est volontairement mis entre guillemets puisque les mouvements doivent surtout paraître très libérés. En réalité, il est possible (même dans les spectacles amateurs) de ne rien laisser au hasard ! La mise en scène se confond alors avec la chorégraphie. Ce n’est pas un hasard si beaucoup de metteurs en scène de Broadway sont aussi chorégraphes depuis les années 50.

 

  • Voyez cet exemple dans la représentation de 1991 de « Into the Woods » de Sondheim, avec Bernadette Peters. Dans cet extrait de « It’s your fault », chaque personnage se défend d’avoir déclenché la série noire qu’a rencontré la joyeuse troupe, et tente de trouver le vrai fautif. Personne ne danse, et pourtant…

 

  • Dans cet extrait de la comédie musicale « Rent » (Jonathan Larson), ce groupe d’amis New-Yorkais s’incruste dans un bar sans avoir nécessairement l’argent pour payer l’addition. Jusque 2min24, on peut voir de la « chorégraphie à mouvements libres » comme de la « mise en scène ». A ce moment, la « presque-danse » prend le dessus ! Ils dansent, bien sûr, mais pas besoin d’être danseur pour interpréter cette scène. Puis, une ou deux minutes plus tard, toutes les catégories se mélangent !

 

Dans le prochain article, je vous donnerai donc plusieurs « trucs » pour réaliser de petites chorégraphies sans être chorégraphe.

Les danses requérant de la technique seront mises de côté.
Nous nous pencherons sur les presque-danses, les mouvements en rythme et les mouvements libres.

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Sébastien

 

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Crédits photos :
Chaussures : Martine
Objet danseur : Maxime Thomas
Danse scolaire : sexy_chey2013

 

 

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